LA DISTILLERIE
” Economie sociale et solidaire / diversité culturelle “

Présentation

mai 29th, 2008 by admin

“Je peux changer en échangeant avec l’autre sans me perdre ni me dénaturer.” Edouard Glissant.

Des racines créoles :

La Distillerie est née à Rennes en 2006 pour mettre en lumière la richesse des arts de la créolisation* aux Antilles. L’archipel caribéen est un exemple pour comprendre notre monde de plus en plus métis. Installée ensuite pendant deux ans à Fort-de-France, l’association a principalement mis en place des actions socio-culturelles dans les quartiers populaires..

De retour à Rennes, La Distillerie s’appuie sur la pensée de la blès*. Cette expression créole est le syndrome d’un malaise causée par l’esclavage. Mais, les contours de cette plaie se dessinent bien au-delà des Antilles. Face à l’éloge d’une identité nationale véhiculée par les pensées assimilatrices, nous, distilleurs de la créolisation, célébrons les identités multiples.

L’innovation sociale au service de la solidarité :

D’une part, La Distillerie a ouvert en septembre 2009 sa friperie solidaire Chez Rita Love en partenariat avec le Secours Populaire. Cette boutique permet de financer la création d’emplois et des actions socio-culturelles. La Distillerie créé les conditions d’acquisition d’une expérience professionnelle concrète pour des demandeurs d’emplois. D’ici 2013, nous souhaitons faire de cette activité un véritable chantier d’insertion par l’économie. En effet, il s’agit de mettre en place un dispositif pour l’embauche et la mise au travail de personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières. Enfin, nous envisageons aussi la friperie comme un espace convivial à travers la réalisation de défilés de mode fripons.

La diversité culturelle pour moteur :

D’autre part, La Distillerie œuvre pour le formidable laboratoire qu’est la diversité culturelle. L’acceptation de l’Autre est en effet une de nos principales préoccupations. Nous luttons contre les enfermements et les replis identitaires qui taraudent notre société. Très inspirée par la pensée d’Edouard Glissant, l’association privilégie les phénomènes de créolisation aux ressources infinies. Ce processus, vecteur de relation, nous semble un moyen efficace pour briser les clichés. Nous travaillons ainsi à la transformation des blessures sociales et identitaires, des déplacements forcés et des traumatismes culturels en énergie créatrice. Ainsi, les actions socio-culturelles réalisées permettent de rendre compte d’un cheminement vers une libération de ce qui est enfoui : le sentiment d’injustice, l’isolement, le sentiment d’exclusion.

1- Chez Rita Love, friperie solidaire :

Valeurs

La friperie est une économie sociale et solidaire qui mobilise une trentaine d’adhérents et bénévoles issus de sphères sociales différentes autour d’une ambition commune : la solidarité. L’ouverture et la pérennisation de la friperie Chez Rita Love permettent de réunir des savoirs-faire autour d’une activité économique, dont l’objectif est la création d’emplois durables et le financement d’actions culturelles.

Création d’emplois

Dans un contexte de crise et de chômage, l’activité de la friperie a permis l’ouverture d’un poste de responsable-coordinateur (à 35h/semaine) ainsi que d’un poste à la vente à (22h/semaine). L’accueil de stagiaires est également mis en place au sein de notre structure. Des stagiaires en Master 2 Professionnel Management des structures d’économie sociale et solidaire, formation couture et recyclage et en BTS Communication ont été accueillis depuis le lancement de cette activité.

Donner une seconde vie aux vêtements

Le recyclage textile répond à une prise de conscience écologique et économique. Sont proposés à la vente des vêtements et des déguisements de seconde main de qualité (homme, femme et enfant). Les pièces, qu’elles soient portées comme vêtements de tous les jours ou comme déguisements, sont les témoins du style propre d’une époque. « Chez Rita Love », les vêtements sont propres et présentés dans un espace chaleureux et atypique.

En cette période de récession, acheter de l’occasion apporte une réponse à l’affaiblissement du pouvoir d’achat et encourage le système « d ». C’est pourquoi, les produits sont à des petits prix toute l’année. Aujourd’hui, porter un vêtement d’occasion est une façon de détourner les tendances actuelles, d’affirmer sa personnalité, de s’éloigner des conventions et de revendiquer une identité forte face à l’uniformisation imposée par les grandes enseignes de prêt-à-porter.

Les partenaires engagés dans la lutte contre l’exclusion

La Distillerie privilégie le partenariat avec des structures engagées dans l’insertion sociale par l’économie et la lutte contre les exclusions. Nous favorisons une méthode de production équitable fondée sur d’une part, la récupération des vêtements dans la partie « déchet » du Secours Populaire et de l’Association des Paralysés de France pour ne pas entamer le stock destiné à leurs bénéficiaires. D’autre part, les invendus de la friperie sont ensuite donnés à Emmaüs. L’achat ponctuel de vêtements au poids se fait auprès du Relais à Acigné.

Les Apéros-frip’ : des espaces de dérision

Tous les deux mois, la friperie propose des soirées Apéros-frip’ au Café Laverie. Loin de l’image rigide, superficielle et élitiste du monde du stylisme, nous détournons la mode pour mettre en lumière sa dimension écologique, décomplexée et ludique. Les Apéros-frip’ sont un moyen d’incarner la convivialité, une valeur fondamentale de La Distillerie, et de partager celle-ci avec le plus grand nombre. A titre d’exemple, un défilé de mode décalé et une soirée dansante hip-hop/funk/electro sont ainsi organisés par un groupe de travail constitués de bénévoles. La restitution du travail, lors de ces rendez-vous, est un moment important qui permet de valoriser l’action et de donner une dimension concrète à l’engagement des volontaires.

2- Laboratoires créoles :

Connaître l’Autre et découvrir l’autre en soi

Chaque année, ce projet est l’occasion de mettre en relation des artistes issus de différentes cultures, mettant à l’honneur un ou plusieurs pays partenaires. Pour sa première édition en novembre 2010, Laboratoires créoles souhaitait partager dans le cadre du Festival Convergences Culturelles à Rennes l’expérience de la Distillerie aux Antilles où, malgré les chirurgies coloniales, la sublimation des traumatismes identitaires est possible.

Sous le titre Laboratoires créoles, il s’agit de montrer en quoi l’archipel caribéen est un formidable laboratoire pouvant servir d’exemple pour comprendre nos sociétés de plus en plus métisses. Le mélange des identités, indépendamment des territoires géographiques d’origines, est aujourd’hui plus que nécessaire. Alors que le débat sur l’identité nationale tend à stigmatiser les minorités, Laboratoires créoles apparaît comme une forme d’engagement artistique.

Les objectifs de Laboratoires Créoles en 2010 :

  • Partager notre expérience aux Antilles. L’archipel caribéen étant un formidable laboratoire de diversité culturelle permettant de comprendre nos sociétés de plus en pus métisses.
  • Sensibiliser le public rennais à la notion de créolisation et partager des outils de réflexion sur cette notion trop méconnue et sujette à des malentendus voir des définitions doudouistes.
  • Privilégier la rencontre entre les artistes, les chercheurs, les associations partenaires qui lutte contre les replis identitaires et les publics

Les Laboratoires créoles à venir :

Cette première édition nous encourage à renouveler cette manifestation en 2012. L’heure est à la réflexion sur ce projet à travers la constitution d’un groupe de travail. Reste à déterminer si nous envisageons Laboratoires créoles une nouvelle fois en partenariat avec Convergences Culturelles de Rennes Métropole.